Une agriculture sans terre, économe en eau et 100% naturelle. Etes-vous prêt à troquer votre pelle contre un bocal?
Article réalisé par Andréa Baker et Nina Vanhauwaert

Photo libre de droit – 2025
La recherche a montré que l’aquaponie utilise 90% moins d’eau qu’une culture basée sur le sol !
L’aquaponie est née il y a 2000 ans, mais très peu de personnes connaissent son existence et son utilité. Elle représente un réel avenir pour la culture car elle n’a besoin ni de terre ni de soleil, elle n’utilise pas de pesticides, ni d’engrais azotés, peu d’énergie et peut être installé en ville ou dans des endroits exigus.
L’aquaponie est la fusion entre l’hydroponie ( culture des plantes dans l’eau) et l’aquaculture (élevage d’animaux aquatiques) permettant de faire vivre ensemble des plantes et des animaux aquatiques dans un système fermé composé d’un grand bassin contenant des poissons et d’un bac extérieur dans lequel des légumes vont pousser. Les excréments des poissons nourrissent les plantes situées à côté du bassin.
En voici l’explication schématique réalisée par © Sofia Essers, étudiante à l’ARH – 2025:
Ce système a été implémenté à l’Athénée Royal de Huy et a déjà permis de récolter des légumes (salade, basilic, chou,…). Quant aux poissons, des tilapias, ils sont régulièrement changés afin de garder un fonctionnement optimal.
Nous avons lancé ce projet d’aquaponie grâce à une collaboration entre l’Université de Liège et une ASBL appelée CERER Pisciculture. Il y a cinq ans, ces deux partenaires nous ont contactés pour démarrer ce projet innovant. À l’époque, nous étions les seuls à avoir répondu positivement à leur proposition. Depuis le début, ils ont été des acteurs clés dans le développement et la mise en place du système aquaponique nous délivre Sarah Van Lissum, professeur de sciences à l’Athénée Royal de Huy.
Source : © Andrea Baker – 2025
Ce système fonctionne alors comme un cercle vertueux, écologique et sain pour produire les légumes » nous explique un étudiant.
De nombreux élèves sont impliqués :
- les premières secondaires s’occupent du bien-être des poissons et les nourrissent.
- Les élèves de 6ème s’occupent des tests chimiques. Pour assurer la survie des poissons, il est très important de vérifier régulièrement le pH, les nitrites et les nitrates, car ces derniers peuvent être toxiques et anéantir l’entièreté du projet.
Si vous craignez de manger les légumes cultivés grâce à l’aquaponie en raison d’un risque de contamination, cela est impossible. Sous les plantes, il y a des billes qui tuent les bactéries, empêchant ainsi leur propagation.
Source : © Andréa Baker – 2025
« L’aquaponie est un système de production alimentaire écologique et durable » nous explique le papa d’un élève impliqué dans le projet de l’école.
Atout de l’aquaponie
Un des atouts du système aquaponique : pas besoin de nombreux hectares pour développer son projet : vous pouvez faire pousser des plantes dans un très petit espace et avoir une grande récolte. Ainsi, dans les villes, les systèmes aquaponiques sont de plus en plus populaires pour cultiver des plantes et élever des poissons dans des espaces réduits, comme sur des toits, des balcons.

En Belgique?
Pour faire entrer cette pratique dans les mœurs, 14 opérateurs de Wallonie, de Flandre et du nord de la France développent, depuis 2018, une application facilitant l’apprentissage, la conception et la gestion des systèmes d’aquaponie. Baptisé Smart Aquaponics, ce projet, coordonné par le Centre de Recherches en Agriculture Urbaine (C-RAU) de Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège), est soutenu par le fonds européen de coopération transfrontalière Interreg. Qui voit dans l’aquaponie « une solution pertinente pour répondre aux problématiques de la région transfrontalière France-Wallonie-Flandre en matière de gestion de l’eau et de sécurité alimentaire » explique Luc Van Driessche dans l’Echo du 26 janvier 2022 (Smart Aquaponics, l’appli qui dope la sécurité alimentaire des villes | L’Echo)
L’aquaponie pour assurer la sécurité alimentaire des pays en développement ?
Dans les régions où l’agriculture traditionnelle est difficile (en raison de la sécheresse, des sols pauvres ou des conditions climatiques extrêmes), l’aquaponie pourrait être utilisée comme méthode de production alimentaire durable. Certains projets dans des pays en développement visent à améliorer la sécurité alimentaire en utilisant l’aquaponie dans des environnements arides ou semi-arides. La FAO (l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture) participe à de nombreux projets aquaponiques dans le monde et notamment dans les Caraïbes (Antigua-et-Barbuda et l’aquaponie | Articles de la FAO | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture)
« L’aquaponie amène donc à une réelle sensibilisation à la durabilité et à l’agriculture durable : il permet de comprendre les enjeux environnementaux, comme la gestion de l’eau, la réduction des déchets et la production alimentaire durable mais aussi de prendre conscience de la manière dont l’agriculture peut être plus respectueuse de l’environnement et de l’importance de la biodiversité. Ce projet met en lumière l’impact de l’agriculture sur la planète et montre une alternative aux méthodes agricoles actuelles beaucoup plus polluantes » Conclut S. Van Lissum.
