Article rédigé par Lara Folen et Clemence Heine (6C)

Dans le cadre du devoir de mémoire, visiter ce fort devenait une priorité surtout face à la montée actuelle des extrêmes.
Nous, les rhétos, après avoir visité le camps ce 11 octobre 2024, avons été profondément marqués par notre visite dans ce camp d’accueil destiné aux prisonniers politiques et aux Juifs. Ce camp de transit servait à regrouper des détenus avant leur déportation vers des camps à l’étranger. Plus de 3 500 personnes y ont été envoyées, avec un maximum de 600 prisonniers présents en même temps.
2330 détenus ont été déportés de Breendonk
Ces détenus vivaient dans des conditions déplorables. Il faisait humide et froid. Ils suivaient une routine imposée par les dirigeants. Leur journée commençait à 4h du matin, avec seulement quelques minutes pour vider les pots de chambre, refaire parfaitement leur lit et se laver, avant d’être appelés pour le repas. Ensuite, ils étaient forcés de travailler. Leur principale tâche consistait à désensabler le terrain. Toute erreur ou lenteur était punie de coups. Les gardiens leur criaient sans arrêt « Schnell ! Schnell ! » – « Vite ! Vite ! ». Hélas, beaucoup ont succombé à ces terribles conditions. En fin de journée, les détenus étaient rassemblés pour l’appel du soir avant de recevoir leur ration : 100 grammes de pain et deux “cafés” fait à base de glands, le prix du café ayant fortement augmenté à cette époque. Parfois, la Croix-Rouge envoyait des dons alimentaires tels que des sucreries, des légumes ou des soupes, mais les détenus n’en voyaient jamais la couleur. Ils étaient revendus, mangés par les commandants ou donnés aux cochons ! De même, les biens personnels des détenus, confisqués dès leur arrivée, y compris leurs bijoux, étaient vendus au profit des responsables du camp.


Israël Neumann, détenu juif pris en photo à des fins de propagande
Les nazis instaurèrent un système de propagande dans la presse belge, montrant certains détenus effectuer des tâches « convenables ». Ils caricaturaient également les Juifs, les représentant avec de grands nez, des oreilles décollées, et d’autres stéréotypes. Israël Neumann, représenté ci-joint, a été photographié à plusieurs reprises car il était perçu comme « l’exemple parfait du Juif ». Un SS a même déclaré : « Il ressemble à un singe. »

Source : fort de Breendonk
Écriteau : Respect des détenus morts pour notre Liberté
Les cellules de Breendonk servaient à punir les prisonniers ou à retenir ceux qui attendaient un interrogatoire. Les conditions de détention y étaient extrêmement difficiles : les prisonniers devaient rester debout en permanence jusqu’au soir, où une simple planche en bois était descendue pour manger et dormir. Ils étaient tenus au silence, sous peine de sévères punitions, comme des coups ou un isolement prolongé. Dans certains cas, ils étaient transportés dans la salle de torture, la tête recouverte d’un sac, afin de subir un interrogatoire. Cette salle ressemblait à une cave, avec au centre une poulie utilisée pour immobiliser les détenus attachés afin de les frapper. Les SS les interrogeaient pour obtenir d’éventuelles informations.
Parfois, les prisonniers trahissaient leurs proches en fournissant des renseignements, tandis que d’autres restaient silencieux malgré les coups et les pendaisons par derrière (ils étaient suspendus avec les mains menottées dans le dos). En plus de la torture, les nazis ont fusillé et pendu 185 personnes. À la fin de la journée, nous avons pu voir la place des exécutions. C’est à ce moment-là que la plupart d’entre nous avons vraiment réalisé l’ampleur du désastre nazi.
Dès notre arrivée, un sentiment de malaise s’est installé, suivi par l’atmosphère pesante et le souvenir des horreurs qui s’y sont déroulés. En parcourant les lieux, nous ressentions un mélange de tristesse et de colère face à la cruauté infligée aux détenus. Ces sentiments étaient intensifiés par la prise de conscience que ces événements ne doivent jamais être oubliés, surtout face à ce qui se passe actuellement dans notre société. En Belgique, en France, en Allemagne, l’extrême droite monte en puissance.
N’oublions pas où cela nous a menés par le passé et évitons de retomber dans le piège de la haine et de la discrimination. Prenons le temps d’agir et de réfléchir aux conséquences de notre vote.
Les cellules d’isolement.

Pour ceux qui en voudrait plus : https://breendonk.be/fr/voir/memorial
